DOSSIERS
Table Ronde 3
Table Ronde 3 : les adaptations à préparer pour l'activité économique
Eric MARTIN,chercheur au CNRM / Groupe de Météorologie de Moyenne Echelle
Le GIEC ne modélise pas de prospective à l’échelle du massif des Pyrénées.
En France, au XXI ème siècle, il prévoit selon un scénario dit « médian » :
- Une augmentation de 2°C en moyenne d’ici à 2050,
- Des étés plus secs surtout dans le sud,
- L’augmentation de la fréquence des canicules,
- Une diminution des débits des cours d’eau notamment au printemps et des étiages plus précoces et plus sévères,
- Près d’un mois d’enneigement en moins.
Le retrait des surfaces enneigées entraîne une accentuation de l’évapotranspiration des plantes et l’augmentation sensible des températures est fortement liée à la baisse du taux d’humidité dans les sols.
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Aude LEMONSU, chercheuse au CNRM / Chercheur en Météorologie Urbaine
La météorologie urbaine
Les critères des zones urbaines sont :
- Concentration de la population (80% en France),
- Forte consommation énergétique (chauffage et climatisation notamment),
- Effet d’îlot de chaleur correspondant à un gradient de température non négligeable entre la ville et ses alentours. Un écart de 5 à 6 °C entre Toulouse et sa couronne a pu être mesuré de nuit.
L’effet d’îlot de chaleur s’explique par :
- Le stockage de la chaleur en journée via les toits, murs…et sa restitution de nuit,
- L’activité humaine (climatisation, transport, chauffage…).
Les pistes d’adaptation au changement climatique en zone urbaine
Il s’agit de limiter l’effet d’îlot en s’assurant que les actions mises en place s’intègrent bien dans une démarche de lutte contre le changement climatique : Installer des climatiseurs lorsqu’il fait chaud n’est pas une solution acceptable puisqu’émettrice de gaz à effet de serre.
Deux propositions d’actions sont :
La végétalisation avec des parcs, des toits verts…
+ : Apport de fraîcheur
- : Complexité de mise en œuvre, coût élevé de l’entretien, consommation d’eau
La densification du bâti
+ : Limitation des transports
- : Aggravation de l’effet d’îlot de chaleur, questionnement sur la qualité de vie des habitants.
Un projet en cours en Midi-Pyrénées
L’AUAT, la mairie de Toulouse et l’ARPE travaillent collectivement pour :
- La construction de scenarii en fonction de l’aménagement urbain de l’aire urbaine toulousaine
- La conception d’un outil de modélisation pour intégrer les différents scenarii
Les résultats attendus sont la détection des zones d’îlots de chaleur et d’émissions de gaz à effet de serre.
Philippe LETURCQ, Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF)
Vu les délais de croissance des arbres, l’adaptation au changement climatique de la forêt est à prévoir à long terme.
Les forêts sont des puits de carbone. 13 millions d’hectares disparaissent chaque année de la surface de la planète. Ils sont souvent brûlés et ces opérations rejettent en moyenne 8,5 Gigatonnes de CO2 (soit 22,5% des émissions totales de CO2). La diminution du nombre d’arbres contribue à l’accélération des effets du changement climatique.
En Midi-Pyrénées la forêt couvre 1,2 millions d’hectares avec une croissance de 0,45% par an. Cette croissance correspond à un accroissement du stock de CO2 de 2.5 Mégatonnes de CO2 par an, soit 16% des émissions régionales de CO2.
Dans le monde la surface émergée couverte par la forêt représente 30% soit 640 Gigatonnes de carbone, ce qui correspond environ à la quantité de carbone présente dans l’atmosphère. Si toute la forêt venait à disparaître (scénario catastrophiste), la quantité de carbone dans l’atmosphère doublerait.
Il s’agit, pour éviter les effets du changement climatique, de :
- Eviter les monocultures,
- Privilégier les peuplements d’arbres mélangés,
- Favoriser les espèces les plus robustes,
- Gérer de façon à maximiser le stock de carbone en forêt et dans les produits bois sachant, pour ces derniers, que le bois d’œuvre à une durée de vie de l'ordre de 20-40 ans et que celle du bois énergie n’est que de 1-2 ans.
Si la reforestation s’opérait dès aujourd’hui au même rythme que la déforestation jusqu'ici, alors en quelques dizaines d’années, les émissions de gaz à effet de serre anthropiques pourraient être compensées, dans l'hypothèse d'une réduction d'un facteur 4 de ces émissions à l'horizon de 2050.
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Laurent HAZARD, chercheur à l’Institut National de la Recherche Agronomique(INRA)
Le changement climatique a un impact sur les espèces des prairies et donc sur l’élevage. Il faut en effet prendre en compte les capacités du bétail à s’adapter aux modifications des prairies où souvent les espèces pérennes sont remplacées par des espèces annuelles.
Depuis la sécheresse et la canicule de 2003 qui a provoqué, dans les Pyrénées notamment, une forte dégradation des prairies, la reconstitution de la diversité est lente. Selon des scenarii alarmistes, 60% des espèces seraient amenées à disparaitre dans les Pyrénées.
Il y a 100 ans on comptait 100 espèces de fourrages. Aujourd’hui, seulement une dizaine sont utilisées dans les coopératives dont 2 sont prioritaires (la luzerne et le ray grass (plante herbacée fourragère anglaise)).
Les pistes de travail pour lutter contre les effets du changement climatique sur les prairies sont :
- Favoriser la recherche pour la sélection d’espèce notamment méditerranéennes,
- Réintroduire la diversité dans les élevages, réactiver les échanges de semences, reconstituer des liens sociaux entre gestionnaires de prairies.
Hervé VILLARD, Directeur du Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d'Altitude (CREA)
Le projet PhenoClim est un programme de science participative sur l’observation de la nature par des particuliers, des scolaires, des étudiants, des parcs naturels régionaux…volontaires.
Dans les Alpes, 170 placettes d’observation sont aujourd’hui recensées et les résultats des travaux sont centralisés dans une base de données grâce à un site Internet.
L’aspect positif de ce projet réside dans le fait qu’il n’est pas basé sur des discours moralisateurs mais bien sur des observations et permet la rencontre de personnes de différents horizons, intéressées par la même problématique.
Le transfert de ce programme est envisageable ailleurs que dans les Alpes, par exemple en Midi-Pyrénées, en adaptant les fiches d’espèces existantes aux spécificités du territoire.
Intervention salle de Gérard LARGER du Conservatoire Botanique National des Pyrénées et de Midi-Pyrénées. Il confirme qu’il y a des possibilités opérationnelles de transfert de ce type de projet en Midi-Pyrénées, avec l’accompagnement de l’ARPE. Par ailleurs, il informe que la commission des ressources génétiques forestières a travaillé à la rédaction d’un document (4 pages) sur le renforcement de la capacité d’adaptation des forêts au changement climatique par la préservation et l’utilisation de la diversité des ressources génétiques forestières. Ce document est disponible en téléchargement ci-dessous.
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N’Py est une SEM dont la mission est le développement économique de 7 stations de ski des Pyrénées. Son implication environnementale se traduit par la mise en place de système de management environnementale et de certification ISO 14 001 de certaines de ces stations.
Le changement climatique étant perçu comme un risque pour l’activité, les actions que propose N’Py pour adapter l’économie des stations de ski aux effets de ce changement climatique sont :
- Des solutions commerciales : Développer les produits de fidélisation de la clientèle,
- Des solutions techniques : les canons à neige, des matériels et véhicules moins consommateurs d’énergie,
- Des solutions liées aux métiers de la montagne : Le développement et le pérennisation des activités estivales,
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‐ Graziella FILONI, chargée d’étude à la Conférence de l’Artisanat Pyrénéen (CAP)
La CAP regroupe les Chambres de Métiers sur des travaux concernant l’éco-construction et la performance énergétique. Ses missions correspondent à l’organisation de formations et de chantiers collectifs en direct avec les artisans pour promouvoir des solutions originales de construction plus économes par exemple dans les domaines suivants :
- Isolation extérieure,
- Utilisation de nouveaux matériaux,
- Double fenêtres,
- VMC thermodynamique…
Sachant que le taux de renouvellement des bâtiments est de 1% par an, la CAP préconise d’apporter des efforts sur la rénovation du bâti comme par exemple l’isolation thermique.