DOSSIERS
Table Ronde 2
Marc GILLET, Directeur de l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC)
L’Observatoire National sur l’Evolution du Changement Climatique collecte des informations sur le changement climatique et les communique aux décideurs.
Marc GILLET cite certains indicateurs retenus par l’ONERC : la date des vendanges, les aléas climatiques, la température, le nombre de jours de gel, le niveau de la mer… Il note cependant que certains indicateurs sont difficiles à réunir notamment sur la biodiversité et sur la vulnérabilité. Il ne peut répondre aujourd’hui aux priorités (eau, santé, biodiversité, énergie…) d’où la nécessité de tout aborder de front.
Il convient aujourd’hui de donner aux collectivités des outils d’adaptation. L’Europe a publié son livre Blanc sur l’adaptation. Au niveau national, un plan d’adaptation au changement climatique est prévu par l’article 37 du Grenelle 1 pour 2011.
Dans le cadre des accords internationaux de Copenhague il sera question de trouver une vision commune sur le climat futur, un objectif de température maximum (2°C proposé par le scénario facteur 4) et de prévoir l’après Kyoto.
Julien LAVAUD, Chargé de mission à l’Agence Régionale Pour l’Environnement de Midi-Pyrénées (ARPE)
Dans le cadre de sa mission sur le changement climatique, l’ARPE a tenté de réaliser le travail de l’ONERC au niveau régional. Il s’agissait de réunir des données scientifiques mais également de mettre en évidence les données manquantes ou à consolider. C’est le cas notamment dans le domaine de l’eau.
Didier GRIMAL, Division Etudes et Climatologie pour l'Interrégion Sud-Ouest de Météo-France
L’observation des changements climatiques concerne des mesures directes (température, précipitation, insolation, pression…) et l’observation de l’évolution des écosystèmes.
Météo France travaille essentiellement sur les mesures directes.
L’analyse des mesures directes se heurte à certaines difficultés :
- en raison de la grande variabilité du paramètre climatologique naturelle, il est difficile d’extraire une tendance faible,
- Afin d’obtenir des séries longues il est nécessaire de réaliser une homogénéisation des séries de façon à gommer les effets postes (d’ou la nécessité de connaître l’historique des postes).
A partir de l’étude de séries longues homogénéisées, Météo France note une augmentation de 1°C des températures dans le sud de la France depuis un siècle, une augmentation des pluies hivernales, une diminution des pluies d’été et une diminution de l’enneigement.
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Pierre RENE, Président de l’association Moraine
Les Pyrénées comptent plus de 30 glaciers (neige pérenne). Ils sont l’emblème du changement climatique. Le glacier est un indicateur intégrant l’ensemble des paramètres météorologiques et réagit par l’évolution de son bilan de masse aux variations du climat.
Depuis 1850, la surface globale des glaciers des Pyrénées a régressé de 85% (passant de 23 km2 à 3.5 km2). Alors que dans les Alpes, les glaciers n’ont perdu que 40% de leur surface. D’une part les glaciers Pyrénéens sont plus petits donc plus vulnérables et d’autre part ils se confrontent à une augmentation des températures plus fortes.
En termes de prospective et vue l’évaluation des bilans de masse, d’ici 40 ans il n’y aura plus de glaciers dans les Pyrénées. Ce phénomène s’est déjà produit au cours de l’histoire (l’an 1000, l’an 0, - 6000 ans). Des conditions plus chaudes que celles observées aujourd’hui ont déjà existé.
Même si le changement climatique observé reste dans la norme climatique, l’anomalie porte sur ses causes (non naturelles).
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Eric CESCHIA, Centre d’Etudes Spatiales de la BIOsphère (CESBIO)
L’objet du travail sur CESBIO consiste à relier la variation interannuelle de l’enneigement à l’oscillation nord atlantique (NAO), à partir de l’étude de photos satellites prises par SPOT Végétation (télédétection). Les résultats de l’étude, réalisée sur 10 années d’archives, sont présentés en particulier sur la chaîne des Pyrénées, entre 1998 et 2007 (ce travail porte également sur d’autres massifs du contour méditerranéen.
Des travaux sont en cours pour consolider cette première étude.
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Claude BERDUCOU, Docteur-ingénieur agronome. Maître-de-conférences à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse
Un certain nombre d’observations ont été faites sur le terrain (à dire d’experts) :
- Une augmentation du vent en montagne (disparition des parapluies des bergers),
- Présence plus forte de grands vertébrés,
- La neige disparaît plus vite au dessus des forêts qu’en dessous
- Disparition de l’Apollon (grand papillon)
- Erosion de certaines espèces telles que le Lagopède
L’observatoire des galliformes de montagne indique une avancée d’une semaine de la période de reproduction du grand tétras.
Le changement climatique implique une perte mais également la mutation d’espèces. Claude BERDUCOU est optimiste par rapport au changement climatique qui, comme tout stress, est synonyme d’évolution des espèces. De nouvelles formes de vie plus adaptées se développeront. Cependant, il convient de rester vigilant pour permettre cette évolution (notamment au travers des corridors biologiques).
Claude BERDUCOU regrette que le changement climatique ait souvent « bon dos ».
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Yann VITASSE, Doctorant à l’Institut National de la Recherche Agronomique, Biodiversité, Gènes et Communautés (INRA BIOGECO)
La phénologie est l’étude de la répartition dans le temps des phénomènes périodiques caractéristiques du cycle vital des organismes.
La phénologie apparaît comme étant un bon indicateur du changement climatique. Ainsi depuis 50 ans, on observe un recul des dates de débourrement des bourgeons, de la floraison ainsi que de la maturation des fruits, et une avancée des dates de sénescences (période de croissance des arbres plus longues). Ces évolutions soulèvent des interrogations relatives au gel (les périodes de débourrement seront-elles soumises à des gels fatals) et à la compétitivité entre essences.
Le chêne sessile ayant une période de croissance plus longue que celle que hêtre commun à partir d’une certaine température (aujourd’hui correspondant à 700 m d’altitude), le réchauffement engendre la remontée du hêtre en altitude. Ainsi le hêtre pourrait être amené à disparaître.
Entre 1970 et 1990, une remontée de l’ordre de 3m/an des espèces forestières a été enregistrée, et cette remontée est accéléré par l’élévation de la température.
Yann Vitasse indique que le changement climatique évolue plus vite que la migration des arbres et s’interroge sur la capacité d’adaptation des arbres.
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Denis CHEYSSOUX conclut cette matinée en proposant un temps de question avec la salle.
Seul M. Daniel ROUSSEAU a pris la parole pour rajouter un complément.
Il est intéressant de transcrire l’effet altitude en effet de température par le calcul suivant : à 150 m d’altitude correspond un effet température de 1°C, soit 6°C pour 1 km.