DOSSIERS
Table Ronde 1
Table Ronde 1 : Les enjeux du changement climatique en Midi-Pyrénées
Didier HOUI, Directeur de l’Agence Régionale Pour l’Environnement de Midi-Pyrénées (ARPE)
L’enjeu du colloque est de faire prendre conscience que le climat a déjà changé et ses changements ont déjà eu des impacts (glacier, forêt, eau …). Dans le cadre de sa mission sur l’observation du changement climatique, l’ARPE a collecté des indicateurs dont la restitution est l’objet de la journée. Il est nécessaire de s’organiser afin de fédérer les études, d’identifier les données manquantes et de quantifier la vulnérabilité des territoires au changement climatique. Une comparaison entre observations et prédictions semble mettre en évidence une accélération du rythme des changements. Face à ce constat, l’adaptation est inévitable. Le choix de la zone observée s’est porté sur les Pyrénées. D’une part les milieux montagnards sont plus fragiles et d’autre part les informations relevées en altitude peuvent être extrapolées en latitude.
Notre démarche repose sur l’atténuation et sur l’adaptation. L’atténuation est synonyme de réduction des émissions de gaz à effet de serre au travers notamment d’actions sur les bâtiments et sur les transports. Concernant l’adaptation encore peu d’outils sont disponibles.
René-Marc WILLEMOT, Directeur de l’Environnement et du Développement Durable de la Région Midi-Pyrénées
L’atténuation (les résultats ne sont pas encore là) concerne essentiellement le bâtiment et le transport dont les émissions augmentent de l’ordre de 2%/an en Midi-Pyrénées. En raison d’un effort du à la compétitivité mais également de la délocalisation des industries lourdes, les émissions issues du secteur industriel sont en régression.
René-Marc WILLEMOT insiste sur l’impact du changement climatique sur la biodiversité dont les pertes sont énormes et qui est irréversible. De plus il manque la perception des évolutions lentes.
La politique de la Région en matière d’atténuation est essentiellement axée sur la sobriété énergétique (TER, et Plan Bâtiments Economes) et dans un second temps sur le développement des énergies renouvelables. Les politiques d’adaptation sont à leur début. Sur un plan local, il est nécessaire de mener des plans climat.
Midi-Pyrénées a un fort potentiel de recherche et d’observation. Les Pyrénées apparaissent comme un laboratoire dont les expériences pilotes pourront être menées sur d’autres territoires.
Thierry GALIBERT, Directeur Adjoint de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL)
La DREAL raisonne selon une logique globale (intégrant logement, transport, biodiversité…), concertée et partagée.
Thierry GALIBERT insiste sur la responsabilité de tous et de mettre en place une logique d’anticipation.
Issue du Grenelle de l’Environnement, la mise en place des trames vertes s’inscrit dans cette logique. Il s’agit non plus de préserver uniquement des espaces isolés (Natura 2000, espaces naturels sensibles…) mais de développer des méthodes permettant aux espèces de se déplacer (corridors biologiques). Pour faire face au choc climatique, la flore et la faune doivent pouvoir migrer.
L’Etat a la responsabilité des Schémas de Cohérence Ecologique intégrés aux PLU (sous la responsabilité des Collectivités locales).
Alors que l’atténuation correspond à une politique économique, l’adaptation s’inscrit dans une logique d’anticipation synonyme d’incertitude. Adaptation et atténuation doivent rester cohérentes. Thierry GALIBERT illustre ses propos par le développement des climatisations dans les maisons de retraite en réponse à la canicule de 2003.
Christian JOUVE, Commissaire à l’Aménagement des Pyrénées, Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (DIACT)
Face à des concepts antagonistes que sont l’atténuation et la compétitivité des territoires, une « mue efficace » doit s’opérer.
Ainsi, en moyenne montagne (1500m) la question de la neige de culture se pose en termes d’adaptation durable. Aujourd’hui l’économie des Pyrénées repose sur le tourisme (disparition de l’industrie). Comment le tourisme doit-il s’adapter ? La question de l’accessibilité des Pyrénées, aujourd’hui par les voitures, s’inscrit dans ce cadre.
La logique des stations est essentiellement économique et il n’est pas évident de dire non au développement.
L’enjeu de la journée est de donner des éléments aux décideurs leur permettant de refuser une certaine forme de développement.
Christian JOUVE souligne l’importance du travail transfrontalier. Le comité de Massif et l’Agence de l’Eau Adour Garonne aborderont ensemble le problème de l’eau.
Denis CHEYSSOUX intervient en rappelant qu’ici, personne ne vient du futur donc tout espoir est permis.
Emmanuel DAVID, Chargé de mission à l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME)
Selon le quatrième rapport du GIEC, le lien entre changement climatique et émissions de gaz à effet de serre est très vraisemblable. Selon le scénario facteur 4, il conviendrait de diminuer par 2 les émissions mondiales et par 4 les émissions des pays les plus industrialisés pour limiter l’augmentation de la température à 2°C.
Emmanuel DAVID rappelle également la mise en place des groupes de travail technologie et financement mis en place au niveau international.
L’ADEME accompagne les Plans Climats Territoriaux. La notion Facteur 4 se traduit par une diminution des émissions de gaz à effet de 3%/an. Face à ces objectifs ambitieux, la mise en place des PCT se heurte encore à la population nourrie par de nombreuses incertitudes.
Au niveau national, six groupes de travail thématiques (santé, agriculture, bâtiment, transport, urbanisme et risque) préparent le Plan National d’Adaptation au changement climatique.
Certaines régions sont avancées sur ces problématiques telles que Midi-Pyrénées, Bourgogne et Rhône-Alpes ainsi que des territoires au travers de leur PCT (Parc du Haut Languedoc ; Rennes ; Grenoble ; Montauban ; Toronto).
Denis CHEYSSOUX conclut cette première table ronde par un jeu de photos et d’illustrations