L'écomobilité scolaire et la ville
La ville est ce qu’en font ses habitants : l’écomobilité scolaire en est une illustration !
L’écomobilité scolaire a pour objectif de mettre en oeuvre des modes de transports doux entre le domicile des enfants et l’école. Elle est l’occasion de faire participer, à chaque stade de réalisation, tous les acteurs de la ville à un projet dont l’enfant est le principal bénéficiaire : les parents d’élèves, mais aussi les enfants, les élus, les centres sociaux (CLAE), les associations d’éducation à l’environnement, de quartier, les riverains, l’équipe pédagogique de l’école...
Les parents qui participent à un pédibus ou un vélobus, ne sont pas « que » des bénévoles qui rendent service aux autres, mais ils sont « surtout des volontaires participant à un échange de services ».
La méthode utilisée (Kit de sensibilisation "Aller à l'école à pied ou à vélo, c'est possible, utile et sympa !") a l’avantage d’être suffisamment souple pour être utilisable quels que soient le contexte et l’histoire d’une école.
La rencontre avec d’autres acteurs de projets similaires permet de mieux appréhender les difficultés et de puiser dans l’expérience des autres pour les résoudre. Bien que chaque projet soit unique, le partager aide les suivants à s’engager et à ne pas se décourager.
C’est pour cela que l’ARPE organise des rencontres entre les porteurs de projets locaux, qui ont accepté de mettre en ligne la « carte d’identité » de leur vélobus / pédibus. (voir les cartes d’identité des pédibus et vélobus de notre région)
Pourquoi mettre en place un projet d'écomobilité scolaire ?
Les transports sont les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent les changements climatiques d’ores et déjà perceptibles par chacun.
Par exemple, sur l’année scolaire 2006-2007, les pedibus et cyclobus de Castanet, Foix, Pamiers et Tournefeuille ont parcourus 1 500 km, c'est-à-dire un aller-retour Toulouse/Paris. Ils ont ainsi permis d’économiser l’émission de 8 tonnes de CO2
Pour absorber cette quantité de dioxyde de carbonne, il faudrait planter 50 hectares de forêt, c'est-à-dire 2,5 fois la surface du stade de France ou 27 fois celle de la place du Capitole.
Il y a 40 ans, près de 80% des déplacements entre le domicile et l’école se faisaient à pied, aujourd’hui, ils se font en voiture… Ce n’est pas neutre : les enfants sont devenus des « colis » déposés devant l’école, les autres lieux de loisir ou de sport ; les parents se sont transformés « en taxis », engendrant tous les jours, aux mêmes heures, les mêmes nuisances : bruit, congestion de la circulation créatrice d’accidents aux abords des écoles, occupation sauvage de l’espace public et manque d’activité physique et d’autonomie pour les enfants. Plus grave pour l’avenir, les enfants qui sont les adultes de demain, n’imaginent plus se déplacer autrement : ils ont « une voiture dans la tête ».
Alors que si les enfants allaient à l’école à pied ou à vélo, ce serait tout le contraire. Moins de voiture devant l’école génère moins de pollution, moins de bruit, plus de convivialité ; la vie du quartier s’en trouve améliorée et les enfants apprennent à se comporter dans la rue. Ils acquièrent l’autonomie nécessaire à la vie quotidienne, tout en pratiquant une activité physique bénéfique pour leur santé. En France, 14% des enfants sont en surpoids et plus de 12% sont obèses : c’est deux fois plus qu’il y a 15 ans. L’écomobilité scolaire permet d’organiser les déplacements vers l’école de façon adaptée à la demande et aux besoins des écoliers, de leurs parents voire de leurs enseignants.
Outre les transports en commun et le bus de ramassage scolaire, deux autres moyens peuvent être adoptés :
· Un pédibus ou un vélobus. Ils fonctionnent sur le même principe qu’un autobus : deux à trois parents « conducteurs » mènent à pied ou à vélo un groupe d’enfants vers l’école ; le bus pédestre ou cycliste fonctionne avec des horaires et des arrêts prédéfinis qui permettent aux enfants de rejoindre la caravane. Plusieurs lignes desservent ainsi une même école,
· Le covoiturage, qui permet de conduire en voiture le maximum de passagers sur un trajet identique. Les familles qui habitent loin de l’école peuvent conduire les enfants à tour de rôle.
Les avantages du recours aux modes doux sont évidents, surtout en termes :
· de lutte contre la pollution atmosphérique et sonore
Les embouteillages et la conduite agressive des heures de pointe favorisent l’émission de polluants et de bruits. Le premier kilomètre parcouru en voiture est le plus polluant : le moteur est froid, or les dispositifs de dépollution tels que les filtres à particules, ont besoin de « chauffer » pour être efficace.
· de lutte contre l’obésité des jeunes enfants
Une demi-heure quotidienne de marche ou de vélo répond aux préconisations des autorités sanitaires.
· d’apprentissage de l’autonomie pour les enfants
En allant quotidiennement à l’école à pied ou en vélo, les enfants apprennent à bien se comporter face aux obstacles et aux difficultés d’orientation, à respecter les sens de circulation, à traverser les rues en toute sécurité…
· d’économies de carburant
Rien de comparable entre les dépenses occasionnées par une voiture (achat, assurance, entretien et carburant) et celle de l’achat et de l’entretien d’un vélo ou d’une paire de chaussures et d’une cape de pluie pour la marche.
A cause du démarrage et d’un moteur froid, une voiture consomme 80 % de carburant en plus pendant le premier kilomètre et 55 % pendant le second : ses émissions de polluants sont ainsi multipliées par 4 !
· de temps gagné
Plus il y a de parents accompagnateurs, moins l’accompagnement des enfants est fréquent. Alors même que le temps passé en accompagnement des enfants, est un temps profitable aux relations parents-enfants.
· de vie de quartier
Les enfants sont replacés au cœur de la vie du quartier, et permettent aux parents de retisser un lien social distendu par la voiture.
La mise en œuvre d’un projet d’écomobilité scolaire se déroule en cinq étapes :
· se mobiliser et réfléchir entre parents, enseignants, élus et techniciens pour inverser la logique des accompagnements à l'école en voiture,
· étudier les accès à l'école, les lieux d'habitation des écoliers et leur façon de se déplacer habituellement,
· définir et proposer les lignes de ramassage en fonction du nombre des enfants inscrits et de celui des accompagnateurs volontaires,
· s'engager à participer, écrire les chartes de l'écolier, des parents et des accompagnateurs,
· distribuer les chasubles, fabriquer les panneaux des arrêts,
· démarrer et… faire du jour J une fête !
En pratique...
· Combien de temps faut-il pour créer un ramassage ?
6 à 12 mois sont nécessaires de la décision initiale à l'ouverture concrète des lignes. Par la suite, à chaque rentrée scolaire, il faut environ quinze jours pour les remettre en route.
· Quand lancer ces opérations ?
Le mois de septembre et le dernier trimestre de l'année scolaire sont particulièrement favorables au démarrage de ces lignes.
· Qui accompagne les enfants ?
Un ou deux adultes parents d'élèves ou non ; leur responsabilité et les questions d'assurance sont clairement établies au préalable.
Comment pérenniser les lignes ?
· Renouveler l'équipe des parents accompagnateurs,
· Adapter les lignes et arrêts de ramassage à la disponibilité des accompagnateurs volontaires,
· Réfléchir à la meilleure organisation possible, en s'équipant pour la pluie, en gérant la taille et le poids des cartables, etc.
· En peu de mots, être convivial, pragmatique et s'adapter.
Quelques coûts d’équipements :
· Création d’un passage piétons :
- sans feux et avec abaissement bordure : 30 € le m2 de trottoir
- avec feux et abaissement de bordure : 50 000 €
· Fourniture et pose d'une barrière : 93 €
· Fourniture et pose d’un panneau de police : 300 €
· Fourniture et pose d’un panneau pédibus/vélobus : 300 €
· Cent gilets réfléchissants : 850 €
· Cinq cent brassards fluorescents : 2 000 €