Le Commerce équitable :
vers un développement durable au Nord comme au Sud
Qu'est-ce que le commerce équitable ?
Pourquoi le commerce équitable ?
Quels engagements ?
En bref
Qu'est-ce que le commerce équitable ?
" Le Commerce équitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial"
Le commerce équitable contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, dans les pays en développement et tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations du Commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l'opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.
Ses promoteurs s'efforcent d'établir des relations commerciales avec le moins d'intermédiaires possible. Il s'agit souvent de coopératives réunissant les paysans les plus défavorisés.
Pourquoi le commerce l'équitable ?
Ces deux dernières décennies, les échanges commerciaux internationaux se sont multipliés aux dépens des pays du sud, creusant les inégalités entre les hommes et menaçant l'équilibre planétaire : le volume du commerce mondial est aujourd'hui 14 fois supérieur à ce qu'il était en 1950 et dans le même temps, la planète a perdu environ 30% de ses richesses naturelles.(Source : Max Havelaar)
Les petits producteurs (moins de 5 hectares) représentent 70 % de la production mondiale de café et 90 % de la production mondiale de cacao.
Des millions de petits producteurs des Pays En Développement sont contraints d'accepter des prix pour leurs récoltes qui ne couvrent même pas leurs besoins élémentaires : nourrir toute la famille, envoyer les enfants à l'école, épargner un minimum pour des projets futurs... Par exemple, il faudrait qu'un paysan d'Amérique latine travaille environ 300 ans pour acheter un camion d'une valeur de 15 000 euros.
840 millions de personnes dans le monde (dont 780 millions dans les pays en développement) sont toujours victimes de sous alimentation et 71% de ces personnes sont des paysans qui ne parviennent plus à nourrir correctement leur famille.(Source : Max Havelaar)
Les producteurs les plus pauvres sont exclus du commerce international ou, lorsqu'ils y ont accès, ne peuvent en tirer de revenus décents.
Les consommateurs n'ont aucune information sur les conditions de production et les règles de commercialisation des produits qu'ils achètent.
Spéculation, intermédiaires en position dominante, prix d'achat trop faible des récoltes... les règles actuelles du commerce mondial ne permettent pas aux petits producteurs de vivre correctement de leur travail.(source Max Havelaar)
Pour :
- Acheter et vendre des produits provenant de groupements de producteurs des pays du Sud dans des conditions leur permettant de vivre dignement de leur travail et de faire collectivement des choix de développement.
Travailler avec des groupements et non des individus.
S'engager dans le long terme, avec une valeur ajoutée pour le producteur, ainsi qu'un prix d'achat des produits juste et des possibilités de préfinancements en cas de besoin (de mauvaises récoltes dues aux intempéries par exemple).
Informer les consommateurs sur ces produits et ceux qui les ont produits, ainsi que sur les dysfonctionnements du commerce international.
Quels engagements ?
Il existe 2 séries d'engagements relatifs aux organisations de producteurs du Sud :
- La première concerne les petits producteurs (moins de 5 hectares de terre) regroupés au sein d'une structure démocratique et participative.
- La seconde concerne les travailleurs dont l'employeur offre un salaire correct, garantit la liberté syndicale et pourvoit si nécessaire à leur logement. Dans les plantations et les usines, des critères minimum de santé, de sécurité et d'environnement doivent être respectés, et le travail des enfants, ainsi que le travail forcé, sont interdits.
Le Commerce équitable vise à encourager les producteurs à améliorer constamment les conditions de travail et la qualité du produit.
Les engagements commerciaux déterminent la relation entre les producteurs, les importateurs et les industriels qui sont tenus de :
- payer un prix qui couvre les coûts d'une production et d'un mode de vie durables ;
- payer une prime qui permet aux organisations de producteurs du Sud d'investir dans le développement de la communauté ;
- faire un préfinancement si les producteurs le demandent ;
- conclure des contrats qui permettent une planification à long terme et une production durable.
Les producteurs s'engagent à :
- garantir la transparence des relations permettant à chacun de faire valoir ses droits;
- travailler d'abord avec les producteurs parmis les plus défavorisés
- refuser systématiquement une quelconque forme d'esclavage ou de travail forcé, y compris l'exploitation des enfants ;
- privilégier des relations commerciales durables avec les producteurs
- assurer la transparence dans le fonctionnement des différents partenaires ;
- engager les acteurs envers leur environnement socio-économique. Par exemple, les bénéfices réalisés sont réinvestis dans l'entreprise et / ou dans des programmes de développement à caractère collectif, économique, écologique ou social, y compris la formation ;
favoriser des échanges culturels et sociaux avec les producteurs, ou tout au moins avec les pays auquel ils appartiennent ;
accepter le contrôle sur le respect de ces principes, à chaque étape du processus.
Les consommateurs ont les garanties :
- de la qualité des produits (50 % des cafés labellisés Max Havelaar sont issus de l'Agriculture Biologique) ;
- d'une information qui permet d'effectuer un achat fondé et responsable ;
- de l'amélioration des conditions de vie des producteurs du Sud.
Les nouvelles campagnes : 2005, de l'équitable dans nos vêtements ?
Max Havelaar France entreprend la création d'une nouvelle filière équitable : le coton. Ce choix est directement dicté par la réalité de la culture du coton et de la production textile dans les pays du Sud : 1 milliard de personnes concernées, des cours mondiaux très affectés par des politiques de subventions américaines et européennes, un impact environnemental préoccupant pour une culture qui utilise 24% des pesticides vendus dans le monde, pour seulement 2.4% de la surface agricole mondiale.
En bref
- La consommation de produits portant le label Max Havelaar était de 0.40 euros en France, par an et par habitant, en 2002, 1.58 euros en Angleterre, et représentait 10.16 euros en Suisse, le pays le plus "équitable". Mais, depuis 5 ans, le marché français progresse de 80 à 100 % par an...
Une tasse de café labellisée coûte en moyenne 1,2 centime d'euro de plus qu'une tasse de café classique.
2 paquets de café équitable sont vendus chaque seconde en Europe.
1 kg de bananes équitables est vendu chaque seconde en Europe.
(source Max Havelaar)
256 : c'est le nombre de références de produits portant le label Max Havelaar (début 2004)
- 79 cafés
- 122 thés
- 24 chocolats (tablettes, poudre, napolitains)
- 13 jus de fruits
- 6 riz
- 6 sucres
- 4 fruits frais (bananes et ananas)
- 2 miels
Equitable et bio : 1 produit portant le label Max Havelaar sur 2 est certifié biologique
- Soit 29 % des cafés équitables,
- 79 % des thés équitables,
- 16 % des sucres équitables,
- 1 % du chocolat équitable,
- 50 % des fruits frais,
- 30 % des riz équitables.
Les jus de fruits et le miel ne sont pas disponibles en bio pour l'instant .